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L'apport de la CODE concernant la situation des enfants placés.

La Coordination des ONG pour les droits de l'enfant (CODE) est un organisme belge qui produit des rapports remarquables, appuyé sur un travail démocratique de recherche : les militants, les chercheurs, les experts et les professionnels dialoguent et ce dialogue permet d’accéder au repérage de nombreuses tensions contradictoires.
Ainsi dans le tome un, le point de départ est le paradoxe suivant : "Il y a, d’une part, la perspective voire l’idéologie de la protection de la famille (importance de connaître ses origines mais aussi de vivre avec ses parents ou à tout le moins de rester en contact avec eux) ; d’autre part, il y a celle de la protection de l’enfant, qui soulignera plus rapidement les effets néfastes pour l’enfant de certains environnements familiaux voire le risque de maintenir, dans certaines circonstances particulières, des contacts entre l’enfant et sa famille."
Une distinction est posée dés le début de la recherche, entre "famille" et "cellule familiale" car en Belgique, quand il y a placement d'un enfant , près de deux fois sur trois, c'est dans sa famille. Un enfant peut donc vivre dans sa famille sans vivre avec ses parents.

J'attire l'attention sur une distinction fondamentale proposée par Martine Debry (page 68 du tome deux) :
"la question des relations entre l’enfant accueilli et ses parents est indissociable de la nature du placement envisagé. Si l’on se trouve dans une perspective de retour probable en famille, le lien familial est à conforter, le placement ne devant constituer qu’une aide momentanée. Les parents seront aidés en vue de retrouver leur équilibre personnel et d’améliorer l’exercice de leur fonction parentale.
Dans d’autres cas, l’avenir est incertain : on ne sait pas dans quelle mesure les parents seront susceptibles d’améliorer leur fonctionnement parental, psychologique, social. Ce temps sera mis à profit pour évaluer le potentiel de changement des parents, ainsi que l’insertion et l’évolution de l’enfant en famille d’accueil [ou en institution]. Idéalement, cette période devrait déboucher, après 3 à 6 mois, sur une décision d’un retour en famille ou d’un accueil à long terme. Le maintien des contacts réguliers entre enfants et parents est donc de mise.
Il existe encore une troisième alternative : celle où la probabilité d’un retour en famille est très faible, voire nulle. Soit l’enfant n’a plus de référents parentaux : ils sont décédés, disparus, sans domicile fixe, ne donnent aucun signe de vie malgré de nombreuses demandes. Soit les parents font preuve d’une dysparentalité grave (carences éducatives, maltraitances) associée ou non à des problèmes sociaux (pauvreté, logement, hygiène) et à des problèmes psychologiques (déficience ou maladie mentale, dépression, délinquance, assuétudes). (...) L’incapacité parentale risque d’être chronique.
Comment penser dès lors les relations entre parents et enfants ?"
Cette tri-partition des situations permet de penser le type de placement à partir de la place de l'enfant : Dans le premier cas, la place de l'enfant est dans sa famille ; l'accueil provisoire est au service de la place de l'enfant dans sa famille .
Dans le 2° cas, on ne sait plus où est la place de l'enfant ; cela demande de chercher, parents et tiers sociaux ensemble (et de ne pas faire comme si l'enfant a une place parce qu'il est placé.
Dans le 3° cas, il me semble que la place de l'enfant dans le milieu d'accueil doit être protégée et la dimension substitutive reconnue.
Cette substitution ne peut-être totale car elle se situe dans le registre de la parenté sociale ; les parents restent les parents biologiques et légaux, et ils conservent un rôle irremplaçable d'inscription de l'enfant dans une histoire, une généalogie.

Pour en savoir plus, voir le site web : www.lacode.be

Date de cet article : 2014-04-21


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