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Relations affectives et parentalité au sein du placement familial

Voici, sur le site de l’INRP, et sur cairn.info deux résumés d’une recherche remarquable de Nathalie Chapon-Crouzet sur la pluriparentalité famille d’origine / famille d’accueil en placement familial.
Un élément fondamental de cette recherche est la prise en compte du temps : "Aujourd’hui près de 140 000 enfants et adolescents sont accueillis en France par l’Aide sociale à l’enfance et bénéficient d’une mesure de placement dont 60 000 enfants sont en placement familial (RUAULT & CALLEGHER, 2000). Si 37% des enfants y demeurent à peine un an et retournent dans leur famille d’origine, 25% y restent toute leur enfance (CEBULA, 1994)."
Nathalie Chapon-Crouzet a interrogé une quarantaine d'assistantes maternelles sur les liens d'attachement créés dans (et par) l'accueil familial. "Vivre au sein d’une famille d’accueil amène inévitablement à soulever deux interrogations : celles du langage et du lien, et un constat : l’inadaptation des références ordinaires familiales. Comment l’assistante maternelle désigne-t-elle cet enfant qui n’est pas le sien mais qu’elle élève comme le sien ? Quel lien affectif se glisse derrière les mots employés ?" Le résultat de la recherche montre une première ligne de partage entre familles d'accueil qui tiennent un discours de différenciation (c'est l'enfant d'une autre famille) et celles qui tiennent un discours d'inclusion (l'enfant est "comme" les enfants de la famille).
de façon nuancée Nathalie Chapon-Crouzet remarque que la situation de l'enfant est déterminante, notamment s'il est arrivé bébé ; d'ailleurs 8 familles sur 38 ont un discours mélangé, d'insertion et de différenciaiton selon les enfants accueillis.
Contrairement à l'approche de psychanalystes (dont Dolto), le lien n'est pas binaire (fusion ou rejet).
Il faut "chercher du côté de l’articulation de différents facteurs pour chaque enfant (âge, durée de placement, première expérience de placement, relations entre les familles…) pour tenter une explicitation de ce lien singulier, en dehors de l’alternative du tout ou rien."

Cette recherche de sens suppose de dépasser ce que les anthropologues (tels Anne Cadoret, Agnès Fine, Françoise Romaine Ouellette)nomment "l'exclusivité du lien de filiation". Une famille peut constater une adoption affective pour un enfant arrivé bébé et qui a vécu 7 jous sur 7 à la maison, tout en étant soucieux de la famille d'origine de l'enfant, importante pour l'identité de l'enfant.

Voici les 4 modes de suppléance observés :

  • La suppléance substitutive , se caractérise par une substitution par la famille d’accueil lors de placement de longue durée ;
  • La suppléance partagée se présente comme une double affiliation, reflétant une parentalité partagée qui se construit en fonction du présent en tenant compte du passé.
  • La suppléance investie s’oriente vers un soutien à la parentalité et une intervention ponctuelle.
  • La suppléance incertaine dévoile une situation de placement en attente et un enfant isolé affectivement."
Ces quatre types de suppléance peuvent varier dans le temps, avec des passages d'un mode à l'autre.

Lire le résumé sur le site de l'INRP

Pour en savoir plus, voir le site web : www.cairn.info/revue-dialogue-2005-1-page-17.htm

Date de cet article : 2004-09-22


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