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Rôle et missions de l'AEMO

L'UNAF présente de façon remarquablement claire l'AEMO et ses deux principales missions : « Cette mesure tend à favoriser l’autonomie du jeune compte-tenu de ses potentialités et de sa capacité à les développer.(...) En outre, il s’agit de favoriser son maintien ou son retour au domicile. L’AEMO vise à rétablir la place éducative des parents et à renouer les liens familiaux.
Cette mesure est limitée dans le temps, elle doit permettre aux parents de retrouver les possibilités d’exercer leur autorité parentale sans contrôle. »
Justifiée par une situation de danger, « l’objectif premier est conservatoire, il faut éloigner l’enfant de tout danger avéré ou imminent. ». La deuxième étape consiste à faire que le(s) parent(s) redevienne(nt) protecteur(s) pour son (leurs) enfant(s) sans avoir besoin d'assistance.
Dans cette logique, les travailleurs sociaux n'ont pas à s'occuper de la vie privée des familles, sauf dans trois situations provisoires :
  • les parents demandent une assistance éducative ; le cadre de cette aide est alors contractuel
  • un danger justifie une intrusion provisoire
  • une carence des parents ne permet pas de contractualiser avec eux un dispositif de protection de l'enfant.
Dans cette logique toujours, le placement est une mesure d'assistance éducative, provisoire et visant exactement les mêmes objectifs que l'AEMO. si ces mesures (AED, AEMO, placement) sont durablement insuffisantes, alors la mesure prévue est la délégation d'autorité parentale (article 377 du cc, voire, en cas d'abandon de l'enfant l'article 350)

Cette logique est parfaitement claire, mais sans doute plus parfaite que la réalité, qui n'est pas toujours binaire.
En effet, elle suppose des frontières tranchées : il y a danger ou pas, l'enfant est abandonné ou pas, les parents sont capables ou pas.
Le problème est que ce cadre ne convient qu'à une partie des situations, longtemps été majoritaire, mais qui ne l'est peut-être plus, d'où une difficulté beaucoup plus grande du travail en AEMO.
De plus en plus de parents isolés, précaires, n'y arrivent plus tout seuls, et les mesures provisoires sont aussi inadaptées que des mesures brutales de séparation.
Comme le pointe le 8° rapport de l'ONED, le devenir des jeunes suivis en AEMO est encore très peu exploré.
Je conseille particulièrement le 3° chapitre de ce rapport de l'ONED, centré sur les nouveaux outils de l'AEMO).
Voir sur ce site la présentation de l'association RETIS associant de façon originale le soutien de l'insertion sociale des parents et la protection de l'enfance.

Pour en savoir plus, voir le site web : www.unaf.fr/spip.php?rubrique30

Date de cet article : 2005-11-02