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Le parrainage, un outil pour le travail social

« Le parrainage n'est pas un placement au rabais. Si la société s'occupait un peu plus des enfants des autres, il n'y aurait pas besoin de placement. » D'emblée, Lise-Marie Schaffauser met les choses au point. Juriste de formation, elle est présidente d'une association, le Comité de parrainage 17. Elle est également membre du groupe de travail sur le parrainage mis en place le 6 septembre 2001 par Ségolène Royal afin d'établir un état des lieux des pratiques existantes. Même si le parrainage existe depuis plus de 20 ans, la réticence à son égard persiste. « La méfiance, de la part de certains travailleurs sociaux, est toujours là, reconnaît Jean-Pierre Wetzel, bénévole à l'Association d'accueils et de parrainages d'enfants et directeur d'une maison d'enfants à caractère social. Parce qu'il s'agit de bénévoles. Et parce que notre travail était un peu du bricolage, même si nous n'aimons pas ce terme. Mais il faut peut-être aussi faire confiance à ces personnes qui ont décidé d'aider.» ASH du 20 décembre 2001

L'UNAF a fait un dossier très complet sur le sujet, avec des liens vers les principales associations, des vidéos, des conférences et un point sur l'actualité législative.

Le Groupe d’appui pour accompagner la réforme de la protection de l’enfance a également produit un Powerpoint sur le sujet. Enfin L'UNAPP est aussi un site ressource

Lors d'une recherche dans le cadre d'un DEA, j'ai pu analyser plusieurs dimensions du parrainage. Tout d'abord une dimension historique : le parrainage a eu une dimension religieuse très importante, étant considéré comme une parenté spirituelle, liant les parrains, marraines et leurs filleuls, mais aussi les parents, ici bas mais aussi dans l'au-delà. D'où des traditions multiples et par exemple le choix du prénom par les parrains marraines.
Les relations entre parrains-marraines et parents, très idéalisées religieusement , ont porté des noms qui sont tous devenus péjoratifs, ce qui interroge : le compérage, le commérage (c'est à dire père avec, mère avec).
Beaucoup d'alliances sociales entre familles ont utilisé le parrainage ce qui peut explique cette dévalorisation. C'est le cas de la mafia ! Le « parrain » peut aussi être réellement le parrain chrétien, dans le cadre d'alliances entre familles. On peut comprendre que cette puissance des familles alliées , mêlant le temporel et le spirituel, ait pû renvoyer cette images négatives des compères, alors qu'au départ cette relation traduit le meilleur du filial et de l'amical.

Je note cependant que le parrainage ne fait pas peur aux parents. Ils ne vivent pas ce lien comme une rivalité et des parents d'enfants placés, qui vivent le placement en famille d'accueil comme la perte de leur place de parents (ils se sentent remplacés) n'expriment pas cette angoisse quand on propose une famille de parrainage pour leur enfant.
La gratuité, le statut non professionnel, la déconnexion d'avec le mandat judiciaire (ça ne s'arrête pas à 18 ans) la nécessité impérative de l'accord des parents, tout cela a un impact et permet aux jeunes concernés d’expérimenter de l'intérieur d'autres mondes familiaux que celui ou ceux qu'ils connaissent.

Pour en savoir plus, voir le site web : www.unaf.fr/spip.php?rubrique715

Date de cet article : 2004-09-24


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