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Le viol, aspects sociologiques d’un crime, par Veronique Le Goaziou

le viol est un crime très ancien, aussi vieux que le monde. Il a jusqu'ici été peu étudié par les historiens et les sciences sociales. De ce fait ce phénomène est méconnu. Dans cette émission de France culture, « le bien commun » (par Antoine Garapon) Véronique LE GOAZIOU explique tout d'abord que les enquêtes de victimisation révèlent que moins de 10% des victimes révèlent les faits. Véronique LE GOAZIOU indique d'ailleurs que ce phénomène est en train de changer et que la judiciarisation croissante de ces affaires est très prévisible. Le viol devient l'objet de la plus grande réprobation sociale.
Contrairement à la représentation commune, les victimes connaissent presque toujours l'agresseur qui est presque toujours un proche ainsi que l'explique Laurent Mucchielli qui a dirigé cette recherche : « le viol demeure avant tout un crime de proximité, c'est-à-dire se produisant dans le cadre de l'inter-connaissance voire de l'intimité. Environ 85 fois sur 100, auteurs et victimes se connaissent.
Cette violence est perpétrée par des hommes (quasi exclusivement) sur des femmes ou des enfants (filles et garçons) avec lesquels ils ont le plus souvent des liens affectifs ou relationnels de forte intensité. » (Lire la présentation du livre par Mucchielli).

L'intérêt de la démarche sociologique d'étude des jugements de 425 affaires de viols, dans trois départements, est d'aboutir à des distinctions entre cinq types de viols très différents et imposant des réponses judiciaires et psycho-sociales différentes :

  • les viols intra-familiaux, de loin les plus nombreux. Ils sont de plus en plus dénoncés. Les incestes sont les viols les plus dénoncés. Les deux tiers des victimes sont des mineurs et un tiers ont moins de dix ans.
  • les viols conjugaux. Il est reconnu dans la loi depuis 1986. On le retrouve peu dans les plaintes judiciaires mais très présent dans les enquêtes de victimisation. Il est difficile à prouver au niveau judiciaire car le viol suppose une absence de consentement ; son absence est difficile à établir. Les victimes sont violentées au delà des violences sexuelles. Le viol de proximité fait partie d'une série de violence, d'un climat, un « continuum de violences morales physiques psychologique, sexuel ». Cela arrive le plus souvent dans une dynamique familiale malade. Le « climat incestueux » doit alerter. Les viols de collatéraux se produisent dans des situations de confusion des places.
  • Les viols collectifs. Ils sont rares, 5% des situations. Il y a là une distorsion entre les représentations collectives et la réalité des faits.
  • les viols commis par des inconnus.
  • les viols commis par des amis ou par des connaissances.

19% des victimes sont de sexe masculin et ce chiffre est sous estimé car les hommes ont encore plus de mal que les femmes à révéler ces abus. Quand il s'agit du viol par un inconnu la dénonciation des faits est souvent très rapide. Les viols par des inconnus concernent surtout des adultes qui ont la capacité de dénoncer. C'est beaucoup plus difficile quand il s'agit d'un proche. Il faut du temps pour maturer, comprendre qu'il s'agit d'un crime. Dénoncer pose des dilemmes : par manque de preuves la plainte peut ne pas aboutir. Les effets sur la famille sont aussi redoutables. Quand les faits remontent à plusieurs années c'est la parole de la victime contre celle de la personne accusée. Le « meurtre du consentement » est un crime invisible. La stricte pénalisation du viol est insuffisante et il faut mettre en œuvre un travail de réparation. La condamnation est un temps fondamental mais insuffisant. Les victimes ont besoin de soutien.

Tous les viols n'ont pas le plaisir sexuel comme intention principale. En étudiant les témoignages et les enquêtes V Le Goaziou trouve plusieurs intentions :

  • le viol de vengeance, de règlement de compte. Les auteurs sont des perdants qui s 'en prennent à des victimes qui ont réussi. Il y a souvent une différence de catégorie sociale entre l'auteur et la victime. Un homme proche de la marginalité qui va s 'en prendre à une femme en situation de réussite.
  • Le viol patriarcal.
  • le viol d'initiation. L'occasion d'une première relation sexuelle. De jeunes garçons qui ont connu des rebuffades dans leurs tentatives de séduction.

    Les chiffres les plus divers circulent sur la reproduction du viol. La recherche de Véronique LE GOAZIOU ne le montre pas (environ 15% des cas).

Le viol, aspects sociologiques d’un crime, par Veronique Le Goaziou [1ère de couverture]

Le viol, aspects sociologiques d’un crime, par Veronique Le Goaziou [1ère de couverture]

Le viol, aspects sociologiques d’un crime, par Veronique Le Goaziou [4e de couverture]

Le viol, aspects sociologiques d’un crime, par Veronique Le Goaziou [4e de couverture]


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